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Développement progressif des titres intermodaux

De nombreux opérateurs de transport interviennent en Île-de-France : la RATP, la SNCF, et près de 70 opérateurs de bus privés en moyenne et grande banlieue.

Le poids de ces opérateurs est très variable. Certains exploitent un grand nombre de services, d’autres seulement une ou plusieurs lignes de bus.

Historiquement, chaque opérateur de bus proposait des titres propres à son réseau (billets unitaires et/ou abonnements origine-destination).

A l’exception de certains titres RATP et SNCF utilisables indifféremment dans le métro ou le RER dans Paris sur les réseaux de l’un ou l’autre de ces opérateurs, les titres étaient spécifiques à un réseau donné. Ils ne pouvaient pas être utilisés sur le réseau d’un autre opérateur. Il n’existait pas d’harmonisation générale des tarifs par mode : les tarifs des bus privés différaient de ceux des bus exploités par la RATP.


Développement des abonnements intermodaux zonaux

L’intégration et l’harmonisation tarifaires se sont peu à peu développées, avec la création de nouveaux titres, permettant aux voyageurs :

  • d’emprunter différents modes en correspondance avec un seul titre,
  • d’utiliser un même titre sur plusieurs lignes, indépendamment de l’opérateur exploitant.


Premier titre intermodal : la carte Orange mensuelle

Créée en 1975, la Carte Orange mensuelle (désormais forfait Navigo) permet à son porteur de voyager de manière illimitée sur l’ensemble des réseaux de transports au sein du zonage de validité souscrit.

Elle rencontre rapidement un important succès, si bien que les versions annuelle (appelée originellement « carte Intégrale ») et hebdomadaire de cet abonnement sont créées en 1976 et 1982.

Les titres Mobilis et leur déclinaison pour les Jeunes (le Ticket Jeunes week-end), qui s’apparentent à des Cartes Orange journalières, sont quant à eux créés respectivement en 1985 et 1995.

Création des abonnements Imagine R en 1998

A destination des élèves et des étudiants, les abonnements Imagine R sont vendus à un prix deux fois moindre que celui des « cartes Intégrale » (déclinaison annuelle de la carte Orange). Ils permettent une mobilité illimitée dans les zones souscrites et bénéficient, dès l’origine, du « dézonage » (possibilité de se déplacer dans l’ensemble de la région) pendant les week-ends et jours fériés. Le dézonage est étendu aux petites vacances scolaires à partir de l’automne 2001 et aux mois de juillet et août à partir de l’été 2004.

A partir de l’année scolaire 2015-2016, les forfaits Imagine R Scolaire et Etudiant deviennent "toutes zones" (accès à toute l’Île-de-France pour le prix d’un ancien forfait deux zones). Ainsi, en termes de service offert, Imagine R va clairement au-delà des abonnements scolaires bus et fer préexistants (qui n’autorisent qu’un aller-retour par jour de scolarité sur le trajet domicile-établissement) et se positionne comme un encouragement à la mobilité des jeunes.

Création des forfaits Solidarité Transport en 2004 et forfait Gratuité en 2007

Les forfaits Solidarité Transport (appelés depuis septembre 2015 forfaits Navigo Solidarité) sont réservés aux bénéficiaires de certains minima sociaux. Ils sont analogues aux cartes Orange (aujourd’hui forfaits Navigo) mais vendus avec une réduction de 50%. En 2006, le taux de réduction passe à 75%.

Un pas supplémentaire est franchi avec la création du forfait Gratuité (désormais appelé forfait Navigo Gratuité). Délivré gratuitement aux personnes ayant les ressources les plus réduites, il permet de circuler de manière illimitée sur toutes les zones.

Création des forfaits Améthyste en 2013

Derniers nés de la gamme des abonnements zonaux, les forfaits Améthyste remplacent les anciens abonnements Emeraude, Améthyste gratuité et Rubis, qui ne donnaient accès qu’aux services de certains opérateurs (réseaux RATP et SNCF dans Paris pour Emeraude, réseaux RATP et SNCF dans toute l’Île-de-France pour Améthyste gratuité, lignes exploitées par des opérateurs privés pour la carte Rubis).

Développement de l’intermodalité des titres unitaires

Parallèlement aux abonnements, les titres unitaires évoluent également vers davantage d’intégration.

Création de la correspondance entre le train et le métro depuis 1995

Les billets de train-rer Origine-Destination (O-D) incluant Paris intègrent désormais systématiquement un complément urbain. Cela permet au voyageur d’accéder au métro à un tarif inférieur à la somme de l’ancien billet O-D et du ticket de métro qu’il devait auparavant acquitter pour réaliser une correspondance fer-métro.

Création des tickets t et t+ en 2003 et 2007

L’harmonisation tarifaire progressive entre les lignes de bus RATP et les lignes de bus privées débouche en 2003 sur la création du ticket t. Il permet désormais d’emprunter indifféremment toutes les lignes de bus régulières, à raison d’un ticket t pour 5 sections parcourues (soit environ 12,5 km).

Dernière évolution significative en date, le ticket t est devenu en 2007 le ticket t+. Un seul ticket t+ permet désormais de réaliser un trajet entier en bus sans limite de distance (suppression du sectionnement), et d’effectuer des correspondances avec d’autres bus et tramways urbains pendant 1h30 après la première validation.

Des demandes en faveur de davantage d’intermodalité sur les titres unitaires s’expriment régulièrement, avec notamment des voyageurs qui s’interrogent sur l’absence d’intégration tarifaire entre le bus et le fer (métro / train-rer).

Lors des création des correspondances fer-métro et du ticket t+, la question s’est en effet posée d’étendre la possibilité de correspondance aux bus. Cette option n’a cependant pas été retenue car elle aurait entraîné pour le STIF et les collectivités qui le composent, un surcoût financier très important, ou aurait supposé de fixer le tarif de ces titres intermodaux à un niveau plus élevé. Ce prix élevé aurait alors pénalisé les voyageurs n’ayant pas l’utilité des correspondances bus-fer.
Le projet d’Unités Transport sur lequel travaille le STIF pourrait cependant à moyen terme apporter une réponse aux demandes d’intermodalité accrue.

Vers le « Tout télébillettique »

La migration des titres de transport sur support télébillettique représente un indéniable progrès pour le confort d’usage et permet des avantages appréciables pour le SAV. Elle a gagné, depuis le début des années 2000, l’ensemble des forfaits d’une durée égale ou supérieure à une semaine :

  • Migration de la carte Intégrale en 2001
  • Migration d’Imagine R Étudiant en 2002 et d’Imagine R Scolaire en 2003
  • Migration progressive des cartes Orange de 2004 à 2009
  • Migration des forfaits Solidarité Transport et Gratuité Transport en 2008
  • Remplacement des titres Améthyste historiques par les forfaits Améthyste sur carte Navigo en 2013/2014.

Mais au-delà des apports sur les facilités d’usage, la migration sur support télébillettique est la clé d’un nouveau pas en matière d’intermodalité.

La création du complément de parcours au 1er janvier 2013 en est un premier signe puisque l’on peut désormais charger sur une même carte sans contact un forfait et un billet valable pour un parcours ferré déterminé, là où il fallait auparavant cumuler les supports et alterner entre carte télébillettique, pour les déplacements dans les zones de validité de son forfait, et coupon magnétique, pour les déplacements sortant des zones de validité de son forfait.

Bien plus largement, le STIF étudie actuellement un projet de modernisation de la billettique qui augure une nouvelle liberté pour les voyageurs occasionnels. L’ambition est de substituer aux tickets et billets un porte-monnaie électronique dédié au transport sur carte sans contact : le solde chargé sur la carte sera débité au fur et à mesure des voyages effectués, les validations permettant d’identifier les étapes de l’itinéraire et les modes empruntés. Les utilisateurs de titres unitaires pourront ainsi disposer, comme ceux des forfaits, d’un titre totalement intermodal.