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Une composante de la rémunération des transporteurs

Les principes de la contractualisation entre le STIF et les opérateurs de transport

Le STIF, qui définit l’organisation des transports publics, l’offre et les tarifs, passe des contrats avec les entreprises qui exploitent les réseaux. Ces contrats définissent notamment le niveau d’offre, les exigences de qualité de service, ainsi que la rémunération que perçoivent les opérateurs, qui doit couvrir les coûts d’exploitation et intégrer une marge raisonnable.

Dans le cadre de la négociation des contrats, le STIF et les transporteurs s’accordent sur le montant des coûts d’exploitation annuels correspondant au niveau d’offre souhaité par le STIF, puis sur un objectif annuel de recettes, défini sur la base du trafic constaté pour les différents titres sur le réseau du transporteur. La différence entre le montant des charges d’exploitation et cet objectif de recettes tarifaires est comblée par une contribution du STIF.

L’objectif de recettes est un objectif « en volume », la comparaison entre l’objectif de recettes et les recettes réelles se fait sur la base du prix des titres au moment de la signature du contrat, pour supprimer l’effet « prix » c’est-à-dire l’effet direct sur les recettes des hausses tarifaires décidées par le STIF.

L’éventuel écart entre l’objectif de recettes et les recettes tarifaires réalisées est partagé entre le STIF et le transporteur : si les recettes réelles sont supérieures à l’objectif de recettes, une partie du surplus vient diminuer la contribution du STIF ; si les recettes réelles sont inférieures à l’objectif, le STIF prend à sa charge une partie de la perte en augmentant sa contribution. Ce mécanisme de partage de risque permet d’intéresser le transporteur aux recettes.

Même si les recettes tarifaires ne transitent pas par le budget du STIF, le STIF exerce un fort contrôle sur ces recettes et a connaissance du volume de recettes directes perçu par chacun des opérateurs de transport, et de l’atteinte ou non de l’objectif de recettes fixé dans les contrats.


L’indemnisation des pertes de recettes

Certaines mesures tarifaires prises par le STIF, lorsqu’elles conduisent à diminuer les tarifs pour certaines catégories d’abonnés, ou à augmenter l’intégration tarifaire, se traduisent par des pertes de recettes pour les transporteurs : là où les usagers achetaient auparavant des titres plein tarif, ils achètent désormais des titres à tarif réduit ; là où ils achetaient un titre par trajet, la création de titres intermodaux permettant de multiplier les correspondances ou d’effectuer un nombre illimité de voyages (BU, tickets t+, forfaits zonaux, etc.) permet à une partie d’entre eux de réaliser des économies, etc.

Ces décisions modifient la situation de référence à partir de laquelle l’objectif de recettes a été défini. Le STIF et les transporteurs s’accordent alors au préalable sur l’impact financier de ces décisions (estimation du montant des pertes de recettes en s’appuyant sur les données relatives à la mobilité des usagers des TC selon les titres utilisés), et le STIF opère une compensation d’un montant correspondant, en diminuant l’objectif de recettes et en augmentant sa contribution.

Inversement, lorsque des mesures tarifaires sont favorables aux transporteurs, la hausse des recettes qui en résulte est déduite de la contribution du STIF.

Exemples de pertes de recettes générées par certaines décisions tarifaires


Certaines mesures tarifaires au bénéfice de catégories particulières d’usagers sont prises avec le soutien financier de partenaires du STIF. Ce sont alors ces partenaires qui prennent à leur charge tout ou partie des pertes de recettes induites, via le versement de subventions au STIF.

C’est ainsi par exemple que la Région Ile-de-France contribue à financer le dézonage Imagine R et la Tarification Solidarité Transport au-delà de l’exigence légale de 50% de réduction.

Le STIF ne met pas en place des mesures tarifaires appliquées en province et qui sont demandées par une partie des usagers. C’est notamment le cas de la possibilité d’effectuer des correspondances entre le métro et le bus avec les tickets t+, ou des correspondances entre le fer et le bus avec des billets Origine-Destination : cette intégration tarifaire sur les titres unitaires se traduirait en effet par un surcoût important pour le STIF, ou supposerait de fixer le tarif de ces titres intermodaux à un niveau plus élevé, pénalisant ainsi les usagers n’ayant pas l’utilité des correspondances.

Le STIF donne la priorité au développement de l’offre et de la qualité de service pour répondre aux attentes les plus fortes des usagers.