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Une contribution inégale des titres et des usagers au financement des transports

La part du coût du transport couverte par les recettes tarifaires varie selon le titre utilisé

Alors que les forfaits longs représentent 80% du trafic, ils ne représentent en 2013 (avant la mise en place du forfait toutes zones) que 65% des recettes ; à l’inverse, les billets et forfaits courts ne représentent que 20% du trafic, mais 35% des recettes.

Répartition des recettes selon les types de titres (2013)
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Si le taux de couverture moyen des coûts d’exploitation des transports par les recettes tarifaires est de 42%, de fortes disparités existent entre les différents titres.

Participation moyenne des usagers* au financement des transports selon le titre plein-tarif utilisé (2013)

Avant la création des forfaits toutes zones, le taux de couverture des coûts d’exploitation par les recettes des abonnements zonaux variait fortement selon le zonage considéré : le niveau de participation des usagers diminuait en effet à mesure que le nombre de zones augmentaient, et, pour un même nombre de zones, les zonages périphériques (4-5) présentaient un taux de couverture plus faible que les zonages centraux (1-2).


La propension à utiliser un titre donné varie selon le profil du voyageur

Derrière les titres, ce sont des catégories d’usagers qui contribuent plus ou moins fortement au financement des transports, selon la propension qu’ils ont à utiliser préférentiellement tel ou tel titre.

En effet, tous les usagers n’utilisent pas les titres dans les mêmes proportions, mais choisissent leurs titres en fonction de leurs besoins de mobilité et du coût que le titre représente pour eux in fine, une fois déduites les aides auxquelles ils peuvent prétendre (remboursement employeur pour les actifs porteurs de Navigo par exemple, subventions départementales, etc.).

Dépense de l’utilisateur selon le type de forfait souscrit
Abonnement souscrit Répartition des abonnés Prix payé (équivalent Navigo)
Navigo non remboursé par l’employeur
11%
1 Navigo
"Navigo remboursé par l’employeur
Imagine R non subventionné"
57%
1/2 Navigo
"Imagine R subventionné à 50% par les Départements
Navigo Solidarité"
18%
1/4 Navigo
"Navigo Gratuité
Améthyste"
13%
"Gratuité
(hors éventuelle participation du bénéficiaire pour Améthyste)"
Total des abonnements
100%

Les abonnements sont ainsi particulièrement attractifs pour les actifs, qui ont une mobilité régulière et peuvent bénéficier du remboursement employeur à hauteur de 50%, et pour les jeunes scolaires et étudiants, qui ont également une mobilité contrainte et bénéficient du tarif Imagine R, diminué pour nombre d’entre eux de subventions départementales.

La gratuité des abonnements Améthyste rend le titre attractif pour les personnes âgées éligibles, indépendamment de leurs besoins de mobilité. La mise en place de participations à l’initiative des Conseils départementaux vise à freiner les demandes sans objet.

Taux de pénétration selon la catégorie socioprofessionnelle

Les actifs employés ont une propension plus élevée que les inactifs et les demandeurs d’emploi à utiliser un forfait, du fait d’une mobilité plus régulière et de l’attractivité que le remboursement employeur confère à l’abonnement.
A contrario, les demandeurs d’emploi qui ne remplissent pas les conditions de ressources pour bénéficier de la Tarification Solidarité Transport (TST) voyagent essentiellement avec des titres unitaires, et plus particulièrement des tickets t+ : leur mobilité plus réduite ne justifie pas l’achat d’un Navigo plein-tarif. En retour, voyager au titre unitaire les conduit probablement à restreindre leur nombre de déplacements au strict minimum, à l’inverse des porteurs d’abonnements qui peuvent voyager de manière illimitée et profiter du dézonage.

Au sein des actifs, des différences importantes existent, entre d’un côté, les cadres, les professions intermédiaires et les employés, qui sont fortement détenteurs de forfaits, et de l’autre les ouvriers, les agriculteurs, artisans, commerçants et chefs d’entreprise : leur moindre utilisation des forfaits s’explique pour certains par leur faible mobilité (agriculteurs, commerçants), pour d’autres probablement par la géographie de leurs déplacements (déplacements éclatés des travailleurs indépendants, voire nécessité de transporter ses outils de travail, moins bonne desserte TC des sites industriels qui tendent à se déconcentrer et horaires décalés pour les ouvriers, etc.).

La tarification francilienne favorise ainsi les abonnés plus que les voyageurs occasionnels, notamment pour les déplacements pendulaires longue distance.


Progression du prix en fonction de la distance par rapport au centre de Paris (tarifs 2014)

Progression du prix en fonction de la distance par rapport au centre de Paris (tarifs 2014)

Le graphique ci-dessus met en évidence la différence entre la tarification zonale des forfaits et la tarification des billets unitaires.
Même sur des déplacements radiaux (Paris-banlieue), le lien entre distance et tarif s’estompe rapidement une fois parcourus les 25 premiers kilomètres en provenance de Paris pour les porteurs de forfaits. Cela est une conséquence directe de la fusion progressive des zones périphériques.

Le prix d’un abonnement zones 1-5 n’est ainsi que 1,7 fois plus élevé que le tarif d’un forfait zones 1 2, quand la distance à Paris que permet de parcourir l’abonnement 1-5 est jusqu’à 10 fois élevée que celle d’un forfait 1-2.
Ce rapport déjà bas entre les tarifs des Navigo 1-2 et des Navigo 1-5 tend à diminuer progressivement, dans la mesure où les tarifs des abonnements 1-5 augmentent moins vite que ceux des zonages centraux depuis la fin des années 2000.


Evolution des tarifs des forfaits Navigo selon les zonages (en base 100)

Evolution des tarifs des forfaits Navigo selon les zonages (en base 100)

Cette différenciation vise à ne pas pénaliser les habitants de grande couronne, qui doivent effectuer des déplacements plus longs pour accéder à l’emploi du cœur de l’agglomération, et sont desservis par une offre de transports en commun moins dense que dans les zones centrales.

Le tarif des billets croit quant à lui de manière relativement proportionnelle à la distance parcourue, avec en conséquence un écart de prix important entre les billets relatifs à de petits trajets et les billets relatifs à des trajets longue distance.

Les habitants de grande banlieue porteurs de forfaits sont ainsi avantagés par rapport aux voyageurs occasionnels (touristes, mais aussi retraités, demandeurs d’emploi, etc.), utilisateurs de billets.

La création des forfaits toutes zones en septembre 2015 abolit complètement le lien entre tarifs et distance parcourue depuis Paris.