Tarification zonale

Le troisième type de tarification, la tarification zonale, caractérise les forfaits intermodaux qui offrent la possibilité d’un nombre de déplacements illimités sur la période de validité du titre : les zones choisies déterminent alors le périmètre sur lequel ces déplacements peuvent s’effectuer.

Son principe, défini en 1975 lors de la création de la Carte Orange (devenue depuis 2010 le forfait Navigo), consiste à diviser le périmètre des transports urbains en zones concentriques autour de Paris (qui constitue la zone 1), et à moduler le tarif du forfait en fonction du nombre de zones couvertes (2 minimum) et de leur localisation par rapport au cœur de l’agglomération. Le nombre de zones, initialement de 5, a été étendu à 8 en 1991 lors de l’élargissement du périmètre des transports urbains à l’ensemble de l’Ile-de-France.

Carte du réseau

Depuis 2007 s’est engagé un processus « d’aplatissement » de la tarification zonale : fusion des zones 6,7 et 8 en 2007, puis fusion des zones 5 et 6 en 2011. Ce processus s’est achevé pour la plupart des abonnements (forfaits d’une durée égale ou supérieure à une semaine) avec la création des forfaits « toutes zones » pour Navigo, Navigo Solidarité et Imagine R. La tarification zonale ne concerne plus aujourd’hui que les forfaits Améthyste, certains zonages des forfaits Navigo et Navigo Solidarité (2-3, 3-4, 4-5) et les forfaits de courte durée destinés aux utilisateurs occasionnels.

Dispositif initial : des tarifs qui reflètent partiellement la distance parcourue

Un lien fort entre tarif et distance sur les liaisons radiales

Le zonage concentrique initial, motivé par la structure fortement radiale du réseau ferré francilien et le poids des déplacements Paris-banlieue, permet de prendre relativement bien en compte la distance pour les déplacements radiaux : à mesure que la distance parcourue augmente, le nombre de zones franchies et donc le tarif de l’abonnement augmentent également.

Le lien entre distance parcourue et tarif sur les liaisons radiales s’estompe néanmoins sur les très courts et très longs trajets :

  • même si les déplacements réalisés sont très locaux et restent internes à une seule zone, les abonnés doivent souscrire au minimum un zonage de 2 zones. Cette obligation vise à ne pas pénaliser les habitants vivant en limite de zones (et dont le bassin de vie implique des franchissements fréquents de la limite de zones) par rapport aux personnes habitant dans la partie centrale des zones, qui peuvent elles effectuer leurs déplacements de proximité sans sortir de leur zone.
  • le tarif n’augmente avec la distance parcourue que dans la limite du nombre total de zones : lors d’un déplacement banlieue-banlieue passant par Paris, le forfait souscrit doit certes couvrir toutes les zones traversées lors du déplacement, et non pas les seules zones d’origine et de destination, mais les zones tarifaires traversées deux fois ne sont prises en compte qu’une fois (le tarif de l’abonnement d’un usager traversant l’Ile-de-France d’est en ouest est alors le même que celui d’un usager ne parcourant que la moitié de cette distance, entre Paris et la zone la plus extérieure de l’Ile-de-France).


Des tarifs indépendants de la distance parcourue sur les liaisons en rocade

Le lien entre distance parcourue et tarif s’estompe également pour les trajets banlieue-banlieue : le zonage concentrique permet en effet de parcourir de longues distances en rocade sans changer de zone. Ce différentiel tarifaire entre trajets radiaux et trajets en rocade est cohérent avec l’écart de niveau de service (les liaisons de rocade étant essentiellement des lignes de bus, avec des vitesses commerciales et des fréquences de desserte moindres que le train-rer). L’avantage économique que confère la tarification concentrique aux liaisons de rocade réduit légèrement la moindre efficacité des transports en commun vis-à-vis de la voiture pour ce type de liaisons. En effet, la voiture est plus performante pour des flux de trafic dispersés entre des zones de densité moyenne. En outre, la congestion rencontrée par les voitures sur ces liaisons est moindre que ce qu’elle est sur les radiales.

L’exception métro

Le réseau de métro déroge en partie au découpage zonal, dans la mesure où l’intégralité du réseau est accessible avec un forfait incluant la zone 1 (les stations de métro situées en zone 3 sont accessibles avec un forfait 1-2). A contrario, un forfait de zonage 3-4 ne permet d’emprunter le métro que sur les portions strictement incluses dans la zone 3.

Évolutions et aplatissement de la tarification zonale

Plusieurs aménagements de la tarification zonale ont été mis en place au cours du temps.

Multiplication des forfaits zonaux

Les titres adossés à la tarification zonale se sont multipliés et diversifiés :

  • Forfaits longs : forfaits Navigo Semaine, Mois ou Annuel, forfaits Imagine R (1998), forfaits Navigo Solidarité Semaine ou Mois (2004) et forfaits Navigo Gratuité (2007), forfaits Améthyste (2013) ; portés sur une carte sans contact personnalisée (carte Navigo), ces forfaits étaient avant la création des forfaits « toutes zones » en 2015 disponibles pour tous les couples de zones possibles.
  • Forfaits courts (Mobilis (1985), Ticket Jeunes week-end (1995) et Paris Visite (1989)) : sur support magnétiques, ils n’existent que pour certains couples de zones (zonages de type 1-N essentiellement).

Zonages des abonnements disponibles depuis septembre 2015

Les forfaits Navigo et Navigo Solidarité deux zones 2-3, 3-4 et 4-5 restent disponibles à la vente, dans la mesure où leur tarif est inférieur aux anciens tarifs de zonage 1-2, sur lesquels se sont alignés les tarifs des abonnements « toutes zones ».

Dézonage, droit d’usage et complément de parcours pour les forfaits longs

Depuis 2009 (Délibération 2009/0512, article 7) plusieurs forfaits longs de zonage différents peuvent cohabiter sur une même carte Navigo, permettant ainsi aux abonnés de compléter un forfait de petit zonage par un autre forfait de zonage jointif complémentaire pour effectuer des déplacements de plus longue portée (droit d’usage équivalent à un forfait dont le zonage englobe les zonages des deux forfaits chargés). Par exemple, un usager Améthyste réalisant la majorité de ses déplacements sur les zones 1-2 mais ayant un besoin ponctuel sur une semaine donnée de se rendre en zone 4 à plusieurs reprises peut compléter son forfait Améthyste 1-2 par un forfait Navigo Semaine 3-4. Il n’est en revanche pas possible de compléter un abonnement télébillettique par un forfait court magnétique pour effectuer un déplacement hors des zones du forfait long souscrit.

À partir de septembre 2012, le « dézonage », initialement réservé aux porteurs de forfaits Imagine R, est étendu à l’ensemble des porteurs de forfaits zonaux télébillettiques d’un durée supérieure ou égale à un mois. Ce dézonage permet à ses bénéficiaires de voyager dans toute l’Ile-de-France, indépendamment des zones de validité souscrites, pendant les périodes dézonées :

  • Imagine R : week-ends, jours fériés, petites vacances scolaires, fête de la musique et mois de juillet et août.
  • Autres forfaits sur carte Navigo (Navigo Mois et Annuel, Navigo Solidarité Mois et Améthyste) : week-ends, jours fériés, petites vacances scolaires de la zone C et entre le 15 juillet et le 15 août.

Extension progressive du dézonage (périodes dézonées et titres concernés)

Depuis 2013, les porteurs de forfaits sur carte Navigo bénéficient du « complément de parcours », qui leur permet, pour les trajets ferrés internes à l’Ile-de-France, de ne payer que la part du trajet réalisé non couverte par les zones de validité de leur forfait. Le complément de parcours, titre à usage immédiat, doit être acheté dans la gare d’origine du déplacement juste avant d’effectuer le voyage. Il se charge sur la carte Navigo.

Fusion progressive des zones

Depuis la fin des années 2000, les zones les plus périphériques ont progressivement été fusionnées, réduisant le nombre de zones à 6 en juillet 2007, et à 5 en juillet 2011.

Ces fusions bénéficient aux porteurs d’abonnements incluant ces zonages périphériques, qui voient alors les tarifs de leur abonnement diminuer.

En septembre 2015, la création des forfaits « toutes zones », qui s’apparente à une fusion des zones 2, 3, 4 et 5, abolit le zonage pour la majorité des forfaits longs. Elle permet aux abonnés Franciliens de voyager dans toute l’Ile-de-France, toute l’année, au tarif antérieur d’un abonnement de zonage 1-2.

Évolution du nombre de zones